Génération biture

Hier soir un peu tard, le second reportage de Cellule de Crise traitait de la manière dont les jeunes (ou plutôt certains jeunes) ont tendance à rechercher l’ivresse de plus en plus rapidement et de plus en plus jeune.

Je fais parti de cette génération adepte de la biture express comme ils disent. Alors en tant que jeune à peu près lucide et essayant d’avoir un peu de recul sur ses comportements (cons très souvent mais que voulez vous..), je voulais en parler.

Alors oui c’est sur j’ai déjà bu jusqu’à perdre le contrôle, mais certainement pas au même rythme que les adolescents du reportage. Ils montraient comment les jeunes cherchent l’ivresse rapide, la perte de controle. Il y en a même une qui expliquait qu’elle aime tituber, voir trouble, marcher en heurtant les murs. Alors oui pour certains c’est sûr, ils cherchent à se defoncer vite fait. Pourquoi ? J’en sais rien et je vais pas chercher à le savoir, le mal être des ados c’est pas mon truc et ma période rebelle de la life je vais boire des canons en ville après les cours ou le midi ça m’a passé. Il m’arrive encore de boire des coups c’est clair et pas forcement modérément mais uniquement en soirée avec des potes. Pourquoi ? Pour faire le malin ? Peut-être. Pour faire comme les autres ? Peut-être aussi. Toujours est-il que je me modère un minimum tout en profitant de ma vie de jeune (on le reste pas longtemps alors autant en profiter).

 

Mais tout le monde n’est pas comme moi, tout le monde ne s’arrête pas de boire en journée, après les cours ou le midi.

Je n’ai pas meilleur exemple que certains de mes amis, voici ce qui s’est passé aujourd’hui par exemple : par chance on n’avait pas DS (journée du lycéen dédiée à l’orientation) alors certains ont décidé d’aller au ciné voir Astérix mais avant d’y aller ils allaient se faire un caps vu que le ciné c’est à 14h. Le caps c’est un jeu, le principe je le connais pas trop, j’aime pas la bière donc j’y joue pas, mais pour résumer ils lancent des capsules sur d’autres, il faut les faire tomber. Celui qui perd boie. Dans l’après-midi j’ai croisé une partie du groupe d’amis et un m’a expliqué brièvement ce qui c’est passé. En plus des 36 bières qu’il avaient acheté, comme un ne connaissait pas l’eau de vie de poire, les autres lui en ont fait boire cul sec une bonne quantité. Résultat : il a vomi deux fois dans le cinéma. Pitoyable je trouve maintenant, il y a un an ou deux ça m’aurait certainement amusé.

 

On pourrait parler de la vente d’alcool aux mineurs aussi (ils faisaient une démo avec un gosse de 13 ans et sur 3 magasins il a pu acheter un max d’alcool), mais ça c’est nul. Les jeunes se demerderont toujours pour acheter de l’alcool, même si les patrons ne veulent pas vendre, il y en aura toujours un, un peu plus grand avec un peu de barbe (genre moi quoi), qui pourra aller acheter pour les autres. Quand aux bars, moui pas vraiment de souci à se faire, les jeunes aiment pas trop payer leur bière 3€50.. Nan le plus inquiétant à la limite du point de vue des vieux, c’est qu’on achète des boissons de plus en plus fortes. Au début c’est de la Smirnoff Ice, les filles en rafolent, ça passe comme de la limonade. Au début on aime bien après on dit que c’est de l’alcool de gonzesse alors on achète des trucs un peu plus fort genre du Get 27 ou de la Manzana (liqueur de pomme). Puis après on achète carrément les bouteilles d’alcool fort et les jus de fruit séparément. Je pense qu’on se calme quand on se fait chopper, ou alors quand on en a marre de gerber.

 

Ces mêmes amis, c’est souvent que le midi ils vont se faire un caps, au passage ils fument de temps en temps un ou deux pétards. Ah oui parce que le reportage montrait aussi à quel point le mélange drogue/alcool peut-être dangereux. Et là j’ai une explication qui je pense tient la route : pour oser ingurgiter des substances (exctasi dans le reportage) je pense qu’ils ont besoin de cette ivresse qui leur enlève en partie la notion de risque, sans ça ils n’oseraient peut-être pas. Moi je connais pas de gens qui prennent de cachetons ou des drogues dites “dures” mais pour les “douces” je peux en parler. Il y’a ceux qui fument une fois de temps, en soirée ou quand l’occasion se présente. Pour moi ceux là ils ne risquent pas grand chose, ils ne sont pas accros et s’en passent très bien. Ils consomment juste pour le goût ou pour la défonce, oui ils cherchent sûrement la défonce, être high, rigoler pour rien, puis complètement stone. Mais eux c’est pas dramatique, s’ils ont rien, ils ne cherchent rien ou juste pour les soirées. Tant que c’est pas 3 soirées par week-end tous les week-end.

Mais il y a aussi les autres, ceux qui vont peut-être pas tous les midis mais quand même bien assez souvent aller se fumer leur(s) joint(s). Au début ça commence en disant on fait ça pour le DS de philo, pour avoir l’inspiration (mes couilles). Puis après ça devient régulier. Et le pire c’est que ça ne nous choque pas tant que ça nous, les autres élèves. Enfin, on observe, ils nous font rire mais on ne cherchent pas vraiment à les aider. On regarde, on se dit qu’il n’y a rien de diabolique là dedans.

Après c’est sur, certains adultes boivent leurs 2 verres de vin par jour ou se fument tous les soirs un pet’ avant de se coucher, mais eux ils sont stables, ils n’ont pas de risque de tomber dans le pire ou dans le trop. Mais des ados bordel (oué jfais mon vieux).

 

Avant quand je me mettais à trop abuser trop souvent, je me disait “faut se calmer là, arrêter les conneries”, mais ça arrive plus en fait, ça m’a passé c’est vrai cette période du true rebelz. Et bien heureusement.

 

Pour en revenir au titre, oui c’est vrai génération biture mais pas toute la vie, juste une période. Certains en sortent, d’autres non. C’est un effet de société et les associations de prévention n’y pourront rien. Les gains rapportés par un jour de campagne de publicité des alcooliers correspond au budget annuel de la prévention (ou de l’association présentée je sais plus), c’est dire s’ils seront toujours innéficace. On peut se demander jusqu’où cela empirera. Moi je sais pas. Mais en attendant discutez avec vos gosses, sans les fliquer non plus, mais être cool pour savoir un peu ce qu’il boivent (sachant qu’ils minimiseront toujours), et il ne sert à rien de poser des barrières trop grandes, ils les franchiront quand même, c’est le jeune qui parle.

 

Puis comme le disait Rimbaud : “On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.”

Posté à 23h le 30/01/08 | Publié sous | 3 commentaires | lire

Moi

Je suis étudiant en première année à SUPINFO Lyon. Passionné des nouvelles technologies, des voyages et des sports de glisse, vous trouverez essentiellement des articles traitant de cela sur mon blog ainsi que quelques billets d'humeur.

Blogroll